
Cerveau gauche cerveau droit? C’est l’un des neuromythes les plus tenaces, et la science l’a démonté depuis longtemps : une étude d’imagerie portant sur plus de 1 000 cerveaux (Nielsen et al., 2013, PLoS ONE) n’a trouvé aucune preuve qu’un hémisphère domine globalement l’autre chez qui que ce soit.
Ce qui est vrai, en revanche : certaines fonctions précises sont bel et bien latéralisées (le langage à gauche pour environ 90 % des gens, par exemple), et les deux hémisphères communiquent en permanence via le corps calleux. Le stress, lui, modifie réellement notre façon de penser et de réagir – c’est documenté par la recherche sur le cortisol.
C’est justement sur ce dernier point que la kinésiologie s’appuie. Elle utilise la notion de « préférence hémisphérique » non pas comme une vérité anatomique, mais comme un modèle de lecture du stress, une grille pratique pour comprendre pourquoi on se sent parfois « bloqué » ou à côté de ses moyens. Ce n’est ni un diagnostic médical, ni une théorie validée par les neurosciences au sens où on cartographie une lésion. On vous explique la nuance, point par point.
Le cerveau est-il vraiment divisé entre cerveau gauche cerveau droit ?
Non, pas au sens où on l’entend souvent dans les magazines. L’idée d’un cerveau coupé en deux « personnalités » – un côté logique, un côté créatif – remonte étonnamment loin : à la fin du XIXe siècle, popularisée entre autres par L’étrange cas du docteur Jekyll et de M. Hyde de Robert Louis Stevenson en 1886. Jekyll représentait le cerveau gauche rationnel, Hyde le cerveau droit instinctif. Une belle image littéraire, mais pas une réalité biologique.
Voici ce qui s’est réellement passé : en 1861, le médecin Paul Broca découvre qu’une lésion précise du lobe frontal gauche prive un patient de la parole. C’est la première preuve solide d’une latéralité cérébrale pour une fonction donnée. D’autres découvertes suivent (Wernicke en 1876 pour la compréhension du langage, Hughlings Jackson en 1872 pour l’attention visuo-spatiale). Le problème, c’est qu’on a glissé d’une observation ponctuelle et vérifiée – le langage est plus à gauche chez la majorité des gens – à une généralisation abusive : « vous êtes soit cerveau gauche, soit cerveau droit ».
Le tournant scientifique majeur vient ensuite des travaux du neuropsychologue américain Roger Sperry sur les patients dits « split-brain ». Il s’agit de personnes ayant subi, pour traiter une épilepsie sévère résistante aux traitements, une section chirurgicale du corps calleux séparant les deux hémisphères. En étudiant, dès les années 1960, le comportement de ces patients dont les deux hémisphères ne communiquaient plus entre eux, Sperry a montré que chacun peut traiter l’information et produire une réponse de façon quasi autonome – une avancée qui lui vaut, en 1981, la moitié du prix Nobel de physiologie ou médecine. Le problème, c’est que ces résultats, obtenus chez une poignée de patients dans un contexte chirurgical très particulier, ont ensuite été simplifiés à l’excès dans la vulgarisation grand public : on en a tiré l’idée – que Sperry lui-même n’a jamais formulée ainsi – que chacun de nous serait, au quotidien, « plutôt cerveau gauche » ou « plutôt cerveau droit ».
La nuance est là : le cerveau est asymétrique pour certaines tâches précises. Il n’est pas latéralisé dans le sens d’une dominance globale qui définirait votre personnalité ou votre façon de penser au quotidien. Les deux hémisphères travaillent ensemble, tout le temps, pour la moindre tâche un peu complexe.
Que nous apprennent réellement les neurosciences ?
La latéralisation fonctionnelle, oui – mais pas la dominance globale
Une cartographie complète publiée en 2019 dans Nature Communications (Karolis, Corbetta & Thiebaut de Schotten, relayée par l’Institut du Cerveau) a précisé les choses : certaines fonctions sont bien réparties de façon asymétrique entre les deux hémisphères.
- Fonction cerveau gauche : la communication symbolique – langage, lecture, calcul.
- Fonction cerveau droit : la perception, l’action et le traitement des émotions.
- La prise de décision se loge plutôt dans le lobe frontal droit.
Mais attention : cette latéralisation concerne des fonctions, pas des personnes. Vous n’utilisez pas « 20 % de cerveau droit et 80 % de cerveau gauche » selon votre tempérament. Chaque tâche mobilise les deux hémisphères, à des degrés différents selon ce qu’elle demande.
Le neuromythe du cerveau gauche cerveau droit, démonté par les faits
C’est là que l’étude de Jared Nielsen (université de l’Utah, 2013) fait référence. En analysant l’IRM fonctionnelle au repos de plus de 1 000 personnes et l’activité de vingt réseaux de neurones latéralisés, les chercheurs n’ont trouvé aucune preuve qu’un hémisphère soit globalement plus actif qu’un autre selon les individus. L’activité d’une région dépend de la tâche effectuée, point final – pas d’un profil « cerveau droit » ou « cerveau gauche » qui vous collerait à la peau.
C’est ce que confirme aussi Cortex Mag, le média de vulgarisation adossé au Centre de recherche en neurosciences de Lyon (Inserm/CNRS/Université Lyon 1), dans sa série consacrée aux neuromythes : le cerveau est asymétrique pour certaines fonctions, mais pas latéralisé dans le sens d’une dominance qui expliquerait la créativité ou la logique d’une personne. La Cleveland Clinic arrive à la même conclusion : les tests de personnalité « êtes-vous plutôt cerveau droit ou cerveau gauche » n’ont aucune base scientifique solide.
Ce que ça veut dire concrètement : si vous êtes plus « logique » ou plus « intuitif », ce n’est pas parce qu’un hémisphère domine chez vous. C’est le produit de votre histoire, de votre éducation, de vos habitudes – pas d’une asymétrie d’activation cérébrale.
Avant d’aller plus loin sur le stress, un point mérite d’être posé : le cerveau adulte n’est pas figé. C’est ce qu’on appelle la plasticité cérébrale – la capacité du cerveau à réorganiser ses connexions neuronales tout au long de la vie, sous l’effet de l’apprentissage et de l’expérience. Comme le souligne l’Inserm, cette plasticité est plus marquée chez l’enfant, mais elle reste bien réelle à l’âge adulte : apprendre une langue, une compétence motrice, ou traverser une période de stress prolongé laisse une trace mesurable dans les réseaux neuronaux. C’est cette capacité d’adaptation – et non un hémisphère qui « prendrait le dessus » sur l’autre – qui explique pourquoi notre façon de penser et de réagir peut évoluer avec le temps, l’entraînement… ou le stress, justement.
Pourquoi le stress modifie notre façon de penser ?
Ici, en revanche, la science est catégorique – et c’est un point central pour comprendre l’angle de la kinésiologie. Le stress cerveau n’est pas une expression marketing : le cortisol, l’hormone du stress, agit directement sur trois zones clés.
- Le cortex préfrontal, siège du raisonnement, de la planification et du contrôle rationnel, voit son activité diminuer sous stress prolongé.
- L’amygdale, centre de la peur et des réponses émotionnelles automatiques, devient plus réactive.
- L’hippocampe, impliqué dans la mémoire, souffre d’un excès de cortisol chronique – avec, à la clé, des trous de mémoire et une moindre capacité à apprendre.
Ces mécanismes ne datent pas d’hier dans la littérature scientifique : dès 1998, le neuroendocrinologue Bruce McEwen expliquait, dans un article de référence du New England Journal of Medicine (« Protective and Damaging Effects of Stress Mediators »), que ces mêmes médiateurs du stress – cortisol en tête – protègent l’organisme à court terme mais l’abîment lorsqu’ils restent actifs trop longtemps. Il parle de « charge allostatique » pour désigner cette usure progressive. C’est exactement ce qui se joue quand le stress devient chronique plutôt que ponctuel.
Pour se représenter ce qui se passe, on peut penser à une bibliothèque immense : sous stress, aucun livre ne disparaît des rayons – vos connaissances, vos compétences, vos souvenirs sont toujours là, intacts. Ce qui change, c’est l’éclairage : certaines allées, celles du raisonnement posé et de la mémoire de travail, se retrouvent brusquement dans la pénombre, pendant que le rayon « réactions instinctives » reste, lui, en pleine lumière. Vous ne perdez rien, vous ne trouvez juste plus l’interrupteur au bon moment. C’est tout l’enjeu de la gestion du stress : rallumer les bonnes lumières, pas réapprendre ce qu’on sait déjà.
En clair : sous stress aigu, votre cerveau bascule vers un mode « survie » – réactif, instinctif – et délaisse le mode « analyse posée ». C’est une bascule fonctionnelle bien réelle, documentée y compris par l’Institut du Cerveau. Ce n’est pas un basculement d’un hémisphère à l’autre au sens propre – mais c’est précisément cette expérience vécue (penser moins clairement, se sentir « court-circuité ») qui a inspiré le modèle de préférence hémisphérique utilisé en kinésiologie, qu’on détaille plus loin.
Le rôle du corps calleux dans la communication entre les hémisphères
Le corps calleux est la structure qui rend tout ça possible : un faisceau d’environ 200 millions de fibres nerveuses qui relie les deux hémisphères et permet la communication entre les hémisphères, en temps réel, en permanence.
D’après l’Institut du Cerveau et les données anatomiques disponibles sur PubMed, le corps calleux :
- Transfère l’information sensorielle (visuelle, auditive, tactile) d’un côté à l’autre pour donner une perception unifiée du monde.
- Coordonne la motricité, notamment entre les deux mains – sans lui, on observerait des mouvements désordonnés d’un côté du corps (le fameux syndrome de la « main capricieuse »).
- Soutient les fonctions cognitives complexes : mémoire, langage, raisonnement, résolution de problèmes.
Sans corps calleux fonctionnel – comme dans les cas rares d’agénésie callosale – la coordination entre les deux moitiés du cerveau est compromise, avec des répercussions sur l’intégration sensorielle et les fonctions exécutives. Cette structure est la preuve anatomique la plus solide qu’on a : le cerveau ne fonctionne pas en silos indépendants, il fonctionne comme un tout intégré où chaque hémisphère a besoin de l’autre.
La préférence hémisphérique en kinésiologie : un modèle de lecture du stress
C’est ici qu’il faut être précis, parce que c’est un point que beaucoup d’articles mélangent – et qui mérite d’être clarifié une bonne fois.
La kinésiologie ne prétend pas que la préférence hémisphérique est une réalité anatomique validée par l’imagerie cérébrale. Ce que les praticiens utilisent, c’est un modèle, une grille de lecture pragmatique héritée notamment des travaux de la Brain Gym (Paul et Gail Dennison, années 1970-80) : l’idée que, dans une situation de stress, une personne peut avoir tendance à privilégier certains circuits de traitement de l’information plutôt que d’autres, ce qui se traduirait par des blocages observables – hésitation, sensation de « vide », difficulté à trouver ses mots ou à se coordonner.
Ce modèle sert de support d’observation et d’accompagnement, pas de diagnostic. Concrètement, en séance, le kinésiologue observe des indicateurs simples (dominance oculaire, auditive, manuelle, réactions au test musculaire) pour identifier des schémas de stress récurrents chez une personne, puis propose des exercices – souvent des mouvements croisés – pour favoriser une meilleure coordination ressentie.
Ce qu’il faut retenir, sans ambiguïté :
- Ce modèle ne remplace ni un diagnostic médical, ni un bilan neuropsychologique.
- Il ne prétend pas localiser une activité cérébrale réelle avec la précision d’une IRM.
- Il s’appuie sur le ressenti et l’observation comportementale, dans une logique d’accompagnement du bien-être et de la gestion du stress.
- Les neurosciences valident la latéralisation de certaines fonctions et le rôle du corps calleux ; elles ne valident pas la « préférence hémisphérique » comme trait de personnalité stable et mesurable.
En clinique de kinésiologie, ce cadre est simplement un outil de dialogue entre le praticien et la personne accompagnée – un moyen de mettre des mots sur une sensation de blocage, sans jamais se substituer à un avis médical.
Pourquoi a-t-on parfois un « trou noir » pendant un examen ou un moment de stress ?
Vous connaissez cette sensation : vous avez révisé, vous connaissez votre sujet, et pourtant, face à la feuille d’examen ou à un entretien important, votre esprit se vide complètement. Ce phénomène a une explication neurophysiologique bien documentée.
Sous stress intense, l’organisme active l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et libère du cortisol et de l’adrénaline. Résultat : le cortex préfrontal – celui qui gère la mémoire de travail, l’organisation des idées, la parole fluide – voit son fonctionnement ralenti au profit de l’amygdale, plus rapide mais beaucoup moins nuancée. C’est un mécanisme de survie hérité de notre évolution : face à un danger, le cerveau privilégie la réaction immédiate à la réflexion posée. Sauf qu’un examen n’est pas un tigre à fuir, et cette bascule devient contre-productive.
C’est exactement ce type de situation que la kinésiologie cherche à adresser avec son approche de gestion du stress : pas en « rééquilibrant les hémisphères » au sens médical, mais en aidant la personne à retrouver un état physiologique plus calme, dans lequel le cortex préfrontal peut reprendre la main. D’où l’intérêt des techniques de respiration, de recentrage… et des mouvements croisés.
Les mouvements croisés : quel est leur intérêt ?
Les mouvements croisés – toucher le genou droit avec la main gauche, puis le genou gauche avec la main droite, par exemple – sont l’un des exercices les plus emblématiques de la kinésiologie éducative (Brain Gym). Ces gestes ont la particularité de traverser ce que le vocabulaire Brain Gym appelle la ligne médiane : l’axe central, vertical, imaginaire qui sépare symboliquement le côté gauche et le côté droit du corps. L’idée derrière : solliciter volontairement une coordination bilatérale qui franchit cette ligne médiane, pour favoriser un ressenti de calme et de meilleure disponibilité mentale.

Ce que dit la prudence scientifique : L’activité physique modérée et les exercices de coordination motrice ont un effet documenté sur la régulation du stress et l’attention – via la baisse du cortisol et l’augmentation de la vigilance.
En kinésiologie, on observe une meilleure coordination droite gauche en cas de stress après avoir effectué ces exercices.
Les exercices d’étirement : Hook-ups, étirement des mollets et la famille Brain Gym
En kinésiologie éducative, les mouvements croisés ne sont presque jamais utilisés seuls. Ils font partie d’un répertoire plus large emprunté au programme Brain Gym de Paul et Gail Dennison, qui associe aussi des exercices d’étirement (stretching) et des exercices dits « énergétiques ». L’intention commune à toute cette gymnastique : préparer le corps à un état de disponibilité plus calme, avant de solliciter la concentration ou l’apprentissage.
Deux étirements reviennent très souvent en séance :

Les « Hook-ups » (ou « Cook’s Hook-up ») : assis ou debout, on croise une cheville sur l’autre, puis les bras devant soi en entrelaçant les doigts, avant de ramener doucement les mains vers la poitrine en respirant lentement, langue posée contre le palais. Cet exercice, emprunté par Dennison aux travaux du chiropracteur Wayne Cook, est présenté en Brain Gym comme un moyen de retrouver un ressenti de calme en quelques minutes – un peu comme un « câlin à soi-même ».
L’étirement du mollet (« Calf Stretch ») : un pied en avant, l’autre en arrière, talon bien au sol, on étire doucement le mollet arrière (le tendon d’Achille) en gardant le dos droit. Dans le vocabulaire Brain Gym, ce geste est associé à l’idée de « se réancrer dans le moment présent » et de relâcher un réflexe de retrait que le stress active volontiers au niveau des chevilles et des mollets.

Ces exercices permettent en kinésiologie d’améliorer la « FOCALISATION »
L’effet relaxant du stretching statique – relâchement musculaire, ralentissement du rythme respiratoire – est bien documenté dans la littérature sur l’activité physique, indépendamment du cadre Brain Gym. Certains praticiens en kinésiologie et en ostéopathie évoquent, pour expliquer l’effet de ces étirements, un mécanisme dit « cranio-sacré » qui favorise la circulation du liquide céphalo-rachidien.
Les exercices énergétiques : points de contact, « Positive Points » et ancrage
Le second volet du répertoire, ce sont les exercices dits « énergétiques » – un terme hérité de la kinésiologie appliquée (Applied Kinesiology), fondée par le chiropracteur américain George Goodheart en 1964, puis repris et adapté par Dennison. Concrètement, il s’agit de points de contact que le praticien ou la personne elle-même maintient du bout des doigts, quelques dizaines de secondes, sur des zones précises du corps :

Les « Positive Points » : un léger contact des doigts sur les éminences frontales (le haut du front, de part et d’autre de la ligne médiane), maintenu 30 secondes à une minute. En kinésiologie, ce point est associé à la gestion du stress émotionnel lié à un souvenir ou une situation précise – on l’utilise par exemple avant de reparler d’un événement inconfortable.
Les « Brain Buttons » : une main posée sur le nombril, l’autre masse doucement, en petits cercles, les points situés juste sous la clavicule.


Les exercices d’ancrage énergétique (« Earth Buttons », « Grounder ») : contact ou appui au niveau des pieds, du bassin ou du bas du dos, pensés pour favoriser une sensation d’être « posé », stable – une intention proche de ce que recherchent certaines techniques de sophrologie ou de pleine conscience, sans les mêmes bases théoriques.
Ces « points neurovasculaires » sont bien connus des kinésiologues pour améliorer le « CENTRAGE ». Ce que rapportent praticiens et personnes accompagnées, c’est un effet ressenti d’apaisement, comparable à celui d’un temps de pause volontaire, d’une respiration consciente ou d’un contact rassurant – autant d’éléments qui, eux, ont un effet documenté sur le système nerveux autonome.
En pratique, dans l’accompagnement en kinésiologie, ces différentes familles d’exercices – mouvements croisés, étirements et points de contact – sont souvent combinées et proposées :
- Avant un moment stressant (examen, entretien, prise de parole) pour favoriser un état de calme ressenti.
- Dans les apprentissages scolaires, pour aider un enfant ou un adulte à retrouver une meilleure disponibilité de concentration.
- En complément d’un accompagnement plus global, jamais comme solution isolée à une difficulté d’apprentissage durable.
Si le sujet des apprentissages vous intéresse, nous détaillons plus largement comment la kinésiologie accompagne les difficultés scolaires et les blocages d’apprentissage dans nos pages dédiées à l’apprentissage et aux stratégies d’apprentissage.
Comment retrouver un fonctionnement plus harmonieux ?
Que vous cherchiez à mieux gérer le stress d’un examen, à retrouver de la clarté mentale après une période difficile, ou simplement à comprendre pourquoi vous « bloquez » dans certaines situations, plusieurs pistes complémentaires existent – sans jamais opposer science et accompagnement pratique.
Ce que montre la recherche :
- L’activité physique régulière ne se limite pas à « faire du bien » en surface : elle réduit durablement le taux de cortisol basal et stimule la production de BDNF, une protéine qui soutient la survie des neurones et la plasticité synaptique. Pas besoin d’un marathon – une marche rapide régulière, plusieurs fois par semaine, suffit déjà à produire un effet mesurable sur la résistance au stress.
- Les techniques de respiration et de cohérence cardiaque jouent sur un autre levier, plus rapide : ralentir volontairement le rythme respiratoire stimule le nerf vague et abaisse l’activité de l’amygdale en quelques minutes seulement. C’est l’un des rares outils qui agit quasiment en temps réel sur l’état de stress ressenti, avant un examen ou une prise de parole par exemple.
- Le sommeil de qualité restaure la plasticité de l’hippocampe : c’est pendant les phases de sommeil profond que cette structure consolide les souvenirs de la journée et se réorganise pour en encoder de nouveaux. Un manque de sommeil répété a un effet documenté sur la mémoire de travail et l’irritabilité – des symptômes qu’on attribue parfois, à tort, à un hémisphère « surmené ».
- La curiosité et la stimulation cognitive entretiennent la plasticité cérébrale évoquée plus haut dans cet article : apprendre une langue, une compétence nouvelle, ou simplement varier ses habitudes mentales sollicite les fonctions exécutives – mémoire de travail, contrôle inhibiteur, flexibilité cognitive – dont la chercheuse Adele Diamond détaille le fonctionnement dans une synthèse de référence (Annual Review of Psychology, 2013). Plus ces fonctions sont entraînées régulièrement, mieux elles semblent résister aux effets d’un stress chronique sur le cortex préfrontal.
Ce que propose l’accompagnement en kinésiologie :
- Des exercices de coordination (mouvements croisés, ancrages posturaux) pour favoriser un ressenti de calme, et retrouver ses ressources.
- Un temps d’écoute et d’observation pour identifier les situations qui déclenchent le sentiment de blocage, et les dépasser.
- Un accompagnement progressif centré sur le mieux-être et l’autonomie de la personne afin qu’il puisse faire face au stress de manière autonome et immédiate en améliorant :
- La coordination droite gauche
- La focalisation
- Le centrage.
Sources
- Institut du Cerveau – Première cartographie complète de la latéralisation des fonctions cérébrales
- Institut du Cerveau – Corps calleux (lexique)
- Institut du Cerveau – Cortisol (lexique)
- The Nobel Prize – Roger W. Sperry, Physiologie ou médecine 1981 (communiqué officiel)
- Inserm – Plasticité cérébrale : et si on s’occupait de la santé de notre cerveau ?
- Cortex Mag (Société des Neurosciences / CRNL, Inserm-CNRS-Université Lyon 1) – Neuromythe #5 : cerveau droit, cerveau gauche
- Cleveland Clinic – Left Brain vs. Right Brain: What’s Fact and What’s Fiction
- NIH / NCBI StatPearls – Neuroanatomy, Corpus Callosum
- ERIC / Exceptionality – Spaulding, Mostert & Beam (2010), « Is Brain Gym® an Effective Educational Intervention? »
- Brain Gym International – descriptif officiel des activités
- McEwen BS (1998), « Protective and Damaging Effects of Stress Mediators », New England Journal of Medicine
- Diamond A (2013), « Executive Functions », Annual Review of Psychology – PMC4084861
Le cerveau gauche et le cerveau droit contrôlent-ils vraiment des choses différentes ?
Oui, en partie. Certaines fonctions sont bien réparties de façon asymétrique – le langage plutôt à gauche, la perception spatiale et les émotions plutôt à droite. Mais cela ne veut pas dire qu’une personne « utilise » un hémisphère plus que l’autre au quotidien : les deux travaillent ensemble en permanence.
Être « cerveau droit » ou « cerveau gauche », c’est un mythe complètement inventé ?
Pas complètement inventé, mais largement déformé. L’idée part d’une vraie découverte scientifique (la latéralisation du langage par Paul Broca en 1861) qui a ensuite été exagérée jusqu’à devenir un test de personnalité de magazine, sans validation scientifique sérieuse derrière.
Qu’est-ce que le corps calleux et pourquoi est-il important ?
C’est le faisceau de fibres nerveuses qui relie les deux hémisphères et permet la communication entre les hémisphères. Sans lui, le cerveau ne pourrait pas fonctionner comme un tout unifié – il coordonne la motricité, l’intégration sensorielle et les fonctions cognitives complexes.
La kinésiologie prétend-elle rééquilibrer les hémisphères du cerveau ?
Non, pas au sens médical. La kinésiologie utilise la notion de préférence hémisphérique comme un modèle d’observation du stress, pas comme un fait anatomique mesurable. C’est un outil d’accompagnement, jamais un diagnostic ni un substitut à un avis médical.
Pourquoi a-t-on l’impression de « perdre ses moyens » sous stress ?
Parce que le cortisol libéré en situation de stress ralentit le cortex préfrontal – responsable de la réflexion posée – au profit de l’amygdale, plus réactive mais moins nuancée. C’est un mécanisme de survie normal, mais inadapté face à un examen ou un entretien.
Les mouvements croisés ont-ils une preuve scientifique solide ?
Il n’existe pas de consensus scientifique montrant qu’ils « activent les deux hémisphères » de façon spécifique. En revanche, les exercices de coordination motrice et l’activité physique modérée ont un effet documenté sur la baisse du stress et l’amélioration de l’attention. En kinésiologie, on observe une meilleure coordination droite gauche en cas de stress après avoir effectué ces exercices.
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