
Guy-Arnaud Pénet, kinésiologue – cabinet à La Réole (33190), consultations à Langon, Marmande et Bazas. Profil LinkedIn
Je reçois à La Réole, et je me rends régulièrement à Langon, Marmande et Bazas. La phrase qui ouvre le plus souvent une première séance ressemble à ceci : « Tout va bien dans ma vie, et pourtant j’ai mal au dos, je dors mal, je suis épuisé. » Le bien-être émotionnel ne consiste pas à être de bonne humeur en permanence : il désigne la capacité à ressentir, nommer et laisser circuler ce que l’on vit, sans que cela se transforme en tension, en douleur ou en fatigue qui s’installe. Quand cette circulation se bloque, le corps parle à notre place. Mon travail consiste à écouter ce qu’il dit, avec méthode et sans interprétation hâtive.
En bref
Le bien-être émotionnel et le bien-être physique ne sont pas deux dossiers séparés : le stress prolongé agit sur le cœur, le sommeil, la digestion et la douleur.
Une émotion non exprimée ne disparaît pas : elle se mémorise sous forme de tensions, de respiration courte et de fatigue.
Le test musculaire ne pose pas de diagnostic : il aide à repérer où le stress s’est logé et par quoi commencer.
Trois exercices simples, pratiqués chez soi, réduisent déjà la charge accumulée.
Bien-être émotionnel : de quoi parle-t-on vraiment
Le bien-être émotionnel n’est pas un trait de caractère réservé aux personnes calmes. C’est un équilibre vivant, qui se joue entre trois choses : ce que je ressens, ce que je m’autorise à en faire, et ce que mon corps peut encaisser. On peut être très lucide sur ses émotions et pourtant les retenir en permanence – par éducation, par souci de ne pas déranger, par habitude professionnelle. Dans ce cas, l’intelligence émotionnelle est là, mais l’expression ne suit pas.
L’Organisation mondiale de la santé le formule simplement : le stress agit sur l’esprit et sur le corps, et un stress trop important peut entraîner des problèmes de santé physiques comme mentaux (OMS, questions-réponses sur le stress). Autrement dit, parler de bien-être physique sans parler de bien-être émotionnel revient à traiter la conséquence en laissant la cause en place. La relation entre corps et émotions n’est pas une croyance : c’est une physiologie.
Dans mon cabinet, cette approche se traduit par une écoute double : ce que la personne raconte, et ce que son corps montre quand elle le raconte (posture, respiration, tonus, endroit du corps où le récit s’arrête). C’est souvent là que se trouve l’information utile.
Comment les émotions non exprimées se logent dans le corps
Face à une difficulté, le cerveau déclenche une cascade hormonale : adrénaline, puis cortisol, avec accélération du cœur, respiration plus rapide et muscles tendus. C’est la réponse de fuite ou de combat décrite par Harvard Health, et elle est parfaitement adaptée à un danger réel. Le problème survient quand elle se répète sans récupération : « l’activation répétée de la réponse au stress pèse sur l’organisme » et contribue à l’hypertension, à l’inflammation vasculaire, aux troubles anxieux et dépressifs (Harvard Health, comprendre la réponse au stress).
Les effets des émotions sur le corps se lisent alors dans des zones très concrètes :
Le diaphragme et la cage thoracique : une émotion retenue coupe le souffle, la respiration reste haute, les épaules se verrouillent.
Les trapèzes, la nuque, la mâchoire : la tension est le premier refuge de la colère et de l’inquiétude.
Le ventre : nœud, ballonnements, digestions capricieuses – le fameux « deuxième cerveau » réagit vite au stress.
Le sommeil : endormissement difficile, réveils à 4 h du matin, réveil non réparateur.
La fatigue : une dépense d’énergie invisible, celle du contrôle émotionnel permanent.
Une étude de l’Inserm portant sur 7 268 participants a montré que les personnes déclarant que leur santé était « beaucoup » ou « extrêmement » affectée par le stress avaient plus du double du risque de faire ou de mourir d’un accident cardiaque (risque multiplié par 2,12) par rapport à celles qui ne signalaient aucun effet (Inserm, « Stress : il faut y être attentif ! »). Le message des chercheurs est explicite : les plaintes liées au stress ne doivent pas être minimisées.
C’est exactement le terrain des maux du corps et émotions : un mal de dos, une nuque raide ou une gorge serrée ne sont pas « dans la tête », ils sont dans le corps, et ils ont souvent une histoire.
Les signaux d’alerte à repérer
Tous les symptômes ne parlent pas d’émotions, et c’est précisément pour cela qu’il faut commencer par les nommer sans conclure. Voici les signaux qui, lorsqu’ils se répètent, méritent qu’on s’y arrête :
Un symptôme qui revient toujours au même endroit, sans lésion retrouvée, et qui s’aggrave dans les périodes de charge (travail, deuil, conflit, déménagement).
Une tension qui ne redescend pas, même au repos : épaules hautes, mâchoire serrée, ventre contracté.
Une respiration bloquée en inspiration, avec impossibilité de faire une expiration longue et calme.
Des troubles du sommeil à heure fixe, ou un réveil avec sensation d’avoir « mal dormi sans raison ».
Des variations digestives liées aux émotions (avant une réunion, un entretien, une visite familiale).
Un épuisement disproportionné par rapport à l’activité réelle, avec irritabilité ou hypersensibilité.
Deux précautions, en tant que professionnel : une douleur nouvelle, intense, qui s’aggrave ou s’accompagne de symptômes généraux (fièvre, perte de poids, malaise) nécessite d’abord un avis médical. Et une souffrance psychique importante – angoisse envahissante, idées noires – relève d’un médecin ou d’un psychologue. La kinésiologie se situe en complément, jamais en remplacement.
Le test musculaire : lire le corps pour identifier le stress mémorisé
Le test musculaire est le langage que j’utilise pendant la séance. Concrètement : la personne allonge un bras, j’applique une pression douce et brève, et j’observe si le muscle tient ou cède. Rien de magique là-dedans – c’est un test de tonus, utilisé comme retour d’information, en associant ensuite cette réponse à des thèmes, des situations ou des périodes de vie évoqués par la personne.
Ce que ce test n’est pas : un diagnostic. Une revue systématique récente sur la fiabilité du test musculaire manuel en kinésiologie appliquée conclut à des résultats très variables selon les protocoles et ne permet pas de valider cet outil comme moyen de diagnostiquer une maladie ou une intolérance (PubMed, fiabilité du test musculaire manuel). Je le dis clairement à mes consultants : le test musculaire sert à hiérarchiser, à mettre des mots sur un stress mémorisé, à vérifier si une piste « résonne » ou non. Il ne remplace ni analyse de sang, ni imagerie, ni examen clinique.
Ce que le test apporte, en revanche, est difficile à obtenir autrement : il permet de sortir du récit général (« ça va, mais… ») pour aller vers un événement précis, une période, une émotion nommée. La séance devient alors une enquête corporelle, menée avec la personne et non sur elle.
Le détail de la technique, son déroulé et ce qu’elle permet de repérer sont présentés sur la page dédiée au test musculaire en kinésiologie ; ici, je décris seulement la façon dont je m’en sers en séance.
Quand consulter un kinésiologue
On me consulte rarement « pour des émotions ». On vient pour un dos qui tire, un sommeil qui se dégrade, une fatigue qui ne passe pas, un ventre qui réagit à tout. La demande est corporelle ; le travail devient souvent émotionnel en cours de route.
Les situations pour lesquelles une thérapie corps émotion de type kinésiologie est pertinente :
un stress chronique installé (charge professionnelle, aidance, séparation, deuil) avec des symptômes physiques;
des douleurs ou tensions récidivantes, en complément du suivi médical ou paramédical;
un blocage répété, un seuil d’épuisement atteint, une difficulté à récupérer;
une période de transition (changement de poste, retraite, maladie, arrivée d’un enfant) où le corps décroche.
La première séance dure environ une heure et quart. Elle commence par un entretien précis sur votre histoire, vos symptômes et vos antécédents médicaux, puis se poursuit par les tests et un travail de rééquilibrage. On repart avec une priorité claire et, souvent, un ou deux exercices à pratiquer. Deux à quatre séances espacées de trois semaines permettent généralement d’évaluer si la démarche vous convient – je le dis dès le premier rendez-vous, sans engagement de durée.
Encadré – retour de terrain Une consultante de 46 ans, rencontrée à Langon, arrivait avec des cervicales douloureuses depuis huit mois et des réveils nocturnes systématiques. Aucune lésion à l’imagerie, un traitement antalgique peu efficace. En séance, la douleur cervicale apparaissait dès qu’elle évoquait les appels de sa mère, très âgée, dont elle gérait seule la dépendance. Le test musculaire a pointé la période du début des symptômes : celui où son frère avait cessé de participer. Nous n’avons pas « guéri » un dos : nous avons nommé un épuisement de rôle et une colère tue. Après trois séances, avec un exercice respiratoire quotidien et une conversation qu’elle a fini par avoir avec son frère, les réveils nocturnes se sont espacés et la nuque s’est nettement assouplie. Son médecin a maintenu le suivi ; mon travail s’est articulé avec lui.
Trois exercices concrets à faire chez soi
Ces exercices ne remplacent pas une séance, mais ils installent une hygiène de régulation. Pratiquez-les dans l’ordre pendant deux semaines, puis gardez celui qui vous fait le plus de bien.
1. L’expiration longue (3 minutes, matin et soir)
Assis, dos soutenu, inspirez par le nez en comptant jusqu’à 4, puis expirez lentement par la bouche en comptant jusqu’à 6 ou 8. L’expiration plus longue que l’inspiration active le frein parasympathique, celui que Harvard Health décrit comme la voie de récupération après le stress. Faites dix cycles, sans forcer : si vous vous sentez étourdi, raccourcissez les temps.
2. L’ancrage corporel (5 minutes, au moment d’une montée d’émotion)
Pieds au sol, nommez à voix basse trois choses que vous voyez, deux que vous entendez, une que vous sentez physiquement (le dossier de la chaise, le tissu du pantalon). Puis portez l’attention vers l’appui des pieds pendant dix respirations. Ce type d’exercice de « recentrage » figure parmi les techniques d’auto-assistance recommandées par l’OMS dans son guide illustré de gestion du stress (OMS, « Faire ce qui compte en période de stress »). L’objectif n’est pas de faire disparaître l’émotion, mais de ne pas être emporté par elle.
3. Le carnet « émotion – zone – besoin » (2 minutes, le soir)
Notez trois lignes : l’émotion dominante de la journée, la zone du corps où elle s’est manifestée, et ce dont elle avait besoin (bouger, parler, pleurer, dormir, dire non). Ne cherchez pas à analyser : décrivez. Au bout de deux semaines, la corrélation entre corps et émotions devient évidente, et c’est cette carte personnelle qui rend le travail en séance beaucoup plus rapide.
Prendre rendez-vous
Vous reconnaissez plusieurs de ces signaux et vous souhaitez un regard extérieur sur ce que votre corps exprime ? Le cabinet est situé à La Réole et reçoit également les habitants de Langon, Marmande et Bazas. Réservez votre créneau via le formulaire de contact du site, en précisant vos disponibilités et le motif principal de votre venue. Prévoyez vos derniers examens ou comptes rendus médicaux si vous en avez : ils font partie de l’entretien initial.
Prendre rendez-vous avec Guy-Arnaud Pénet, kinésiologue en Adaptogénèse formé à l’école EDU TM de Toulouse
Références